Ados : ils ont besoin d'un cadre, et surtout d'être écoutés
Dernière mise à jour : il y a 6 jours
L'adolescence est une période de grands bouleversements, pour le jeune comme pour ses parents. Le corps change, les émotions débordent et le besoin d'indépendance grandit. Pourtant, derrière les portes claquées et les « laisse-moi tranquille », l'adolescent a encore besoin d'un adulte solide à ses côtés.
Isabelle Filliozat, psychothérapeute et figure de la parentalité positive (Au cœur des émotions de l'enfant, Il n'y a pas de parent parfait), le rappelle souvent : un comportement difficile est presque toujours le signe d'un besoin qui n'est pas satisfait. Les adolescents ne cherchent pas à nous provoquer. Ils cherchent à se trouver.
1. Créer une atmosphère propice à la parole
Un adolescent ne se confie pas sur commande. La parole vient rarement en face à face, autour de la table, après un « alors, ça s'est passé comment aujourd'hui ? ». Elle surgit plutôt en voiture, pendant une balade, en cuisinant ensemble ou tard le soir. Pour que ces moments existent :
Soyez disponible sans être intrusif. Être là, simplement, laisse la porte ouverte.
Accueillez avant de corriger. Si votre ado vous raconte quelque chose de difficile et que vous répondez d'abord par un jugement ou un conseil, il risque de ne plus rien vous dire.
Nommez les émotions. « Tu as l'air vraiment en colère » ou « ça a dû te blesser » aide le jeune à mettre des mots sur ce qu'il ressent, au lieu de le garder pour lui.
2. Écouter vraiment
Écouter, ce n'est pas attendre son tour pour parler. C'est s'intéresser à ce que vit l'adolescent, même quand ça nous paraît dérisoire : une dispute entre amis, une remarque d'un professeur, une vidéo qui l'a marqué.
Isabelle Filliozat parle d'écoute empathique : se mettre à la place de l'autre, sans minimiser (« ce n'est pas grave ») ni dramatiser. Un jeune qui se sent compris est un jeune qui se sent en sécurité, et c'est avec ce sentiment de sécurité qu'il peut grandir.
3. Poser des limites, notamment avec les écrans
Le cadre ne s'oppose pas à la bienveillance, il en fait partie. Des limites claires, expliquées et tenues rassurent l'adolescent, même s'il les conteste. Les écrans sont souvent le premier terrain de conflit. Quelques repères :
Pas d'écran dans la chambre la nuit. Le sommeil des adolescents est précieux et souvent mis à mal par les téléphones.
Des temps sans écran pour toute la famille, les repas par exemple. L'exemple des parents compte autant que la règle.
S'intéresser plutôt qu'interdire en bloc. Demandez-lui ce qu'il regarde, à quoi il joue, ce qu'il aime sur les réseaux. Vous comprendrez mieux son monde, et il sera plus enclin à vous parler s'il y rencontre quelque chose de troublant.
Une limite bien posée, c'est une limite que l'on explique, que l'on maintient avec calme, et qui ne passe ni par l'humiliation ni par la menace.
4. Passer du temps ensemble
C'est souvent ce qui manque le plus, et ce qui fait le plus de bien. Pas besoin de grandes sorties : un film choisi ensemble, un sport partagé, un trajet en voiture sans téléphone. Ces moments nourrissent le lien, et c'est ce lien qui permet ensuite de poser des limites sans que tout devienne un rapport de force.
Quand s'inquiéter ? 3 signes de mal-être chez l'adolescent
L'adolescence s'accompagne de sautes d'humeur normales. Mais certains changements, lorsqu'ils durent plusieurs semaines, doivent alerter :
Le repli sur soi. Il s'isole, abandonne ses amis ou les activités qu'il aimait, passe tout son temps enfermé dans sa chambre.
Des changements dans le sommeil ou l'alimentation. Il dort beaucoup trop ou plus du tout, mange très peu ou au contraire de façon excessive.
Une irritabilité inhabituelle ou une chute des résultats scolaires. Colère permanente, tristesse, décrochage soudain, refus d'aller au collège ou au lycée.
Aucun de ces signes ne suffit à lui seul pour établir un diagnostic. Mais ils méritent qu'on s'y arrête, qu'on en parle avec le jeune, et parfois qu'on se fasse aider.
En cas d'urgence ou d'idées suicidaires, appelez le 3114 (numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24h/24). Les jeunes peuvent aussi joindre Fil Santé Jeunes au 0 800 235 236.
Vous avez besoin d'en parler ?
Tu es ado et ça ne va pas en ce moment ? Tu n'as pas à rester seul avec ce que tu ressens. Au cabinet, tu peux parler librement, sans être jugé, dans un espace qui est le tien.
Vous êtes parent et vous vous sentez dépassé ? Accompagner un adolescent est éprouvant, et il est normal de se sentir parfois épuisé, inquiet ou démuni. En parler à quelqu'un, c'est aussi prendre soin de son enfant.
Je reçois les adolescents, les étudiants et les adultes à mon cabinet de psy à Claye-Souilly (2 avenue Aristide Briand, 77410), ainsi qu'en visio. Téléphone : 06 86 41 30 99.
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Le cabinet accueille des patients de Claye-Souilly, Meaux, Villeparisis, Mitry-Mory et des communes voisines. Les séances en visio sont accessibles partout en France.
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Anne Laure Sebben, psy à Claye-Souilly
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